Mon profil linguistique

Je suis née en Suisse romande à Lausanne sur le Lac Léman dans les années cinquantes. Ma famille maternelle est fribourgeoise. Peu après ma naissance mes parents ont divorcé donc je n’ai pas connu mon père qui selon mes documents venait de Simmenthal dans le canton de Bern. En tout cas le français était ma langue maternelle mais je l’ai perdu quand maman a épousé un étudiant antillais dont elle avait fait la connaissance à Lausanne et nous sommes venus à Londres. A cet âge tendre, j'avais cinq ans, une langue suffisait et j’ai remplacé mon français accent vaudois inclus par un anglais londonien. Je me rappelle ma première journée à Rosendale Infants School - les mots français de l’institutrice, le bruit d’une trentaine de petits et les visages inquiets des mamans. A la fin de cette année scolaire je parlais et lisais en anglais et je commençais avec mes lettres au crayon. Même avec maman je voulais parler anglais et elle acquiesçait.  Les deux premières vacances en Suisse m’ont troublée sur le plan linguistique - la deuxième fois en particulier où je comprenais ce qu’on me disait mais je préférais rester muette. Mon français s’est endormi et ne s’est réveillé qu’à l’école secondaire. J’hésitais un peu mais syntaxe et vocabulaire étaient forts. La prof Miss Caufield, m’indulgeait: je voulais parler de souliers et de patates plutôt que de chaussures et pommes de terre et elle acceptait tout ce que je lui disaitJ’ai dû quand même faire un grand effort avec l’orthographe française et dans ce temps-là je trouvais le genre des noms moins naturel que maintenant. Mon français montait en importance et mes études d'allemand m’ont offert également du succès. Hélas mon anglais a souffert et je n’ai maîtrisé ma langue adoptive qu’après mes études supérieures. Pour avoir le niveau que je cherchais c’était une question de durée
Voilà pourquoi il a fallu que je devienne prof d'anglais, un but que j’ai atteint il y a vingt ans. J’enseigne l’anglais à des élèves de 11 à 16 ans et j’ai aussi quelques classes françaises et allemandes.
Maintenant je parle un drôle de français sans accent régional mais parfois avec des intonations anglaises. Mon anglais est du sud et on n’entend aucune influence française.
Je voudrais retrouver un peu mes origines linguistiques et culturelles et j’ai l’intention de lire et d'écrire en français de temps en temps.  

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